La corruption à Sonatrach transport par canalisation continue.
Sofregaz décroche cinq contrats de gré à gré avec une part importante de dessous de table.
Ces contrats nous permettent de renouer avec le client historique qu’est Sonatrach, se félicitaient les responsables de la compagnie française au lendemain de la signature à Alger –début Août 2009- de 5 contrats FEED sur divers ouvrages d’envergure du réseau gaz de Sonatrach Transport par canalisation (TRC).
D’un montant de 61,5 millions de dollars, ces cinq contrats ont été conclus selon la procédure de gré à gré. Pour Ahmed B, ex-haut cadre de la direction TRC, le Front end Engeenering Design" (FEED) consiste en la réalisation d'une étude d'ingeenering complète aboutissant à la rédaction et à la fourniture en sus de l'étude complète, d'un cahier des charges en bonne et due forme, servant au lancement de l'appel à la concurrence étant entendu que le réalisateur de ce FEED ou une de ses filiales ne peuvent en aucun cas participer à cette concurrence pour ne pas être juge et partie. Ces 5 FEED concernent les ouvrages suivants :
1/ Futur gazoduc GR5 de 900 km entre Timimoune et Hassi R’mel et ses ouvrages associés devant assurer l’évacuation des champs en développement sur la zone au sud-ouest de Hassi R’Mel,
2/ nouveau Centre national de dispatching Gaz (CNDG) au niveau de Hassi R’Mel,
3/ mise en place d’aéro-réfrigérants sur les quinze stations de compression existantes des trois gazoducs GZ1, GZ2 et GZ3 allant de Hassi R’Mel à Arzew,
4/ les deux stations de compression sur le futur gazoduc GZ5 allant de Hassi R’Mel à Beni Saf et enfin la station de compression terminale du futur gazoduc GR4 allant de Rhourde Nouss à Hassi R’Mel et son interconnexion avec le CNDG.
C’est ainsi que les affaires avec Sofregaz ont repris et la preuve l'octroi en août 2009 de 5 contrats FEED et de fort belle manière, c'est-à-dire de gré à gré», a affirmé notre interlocuteur sur un ton ironique. De son côté, le professeur Nassreddine Ziani, commissaire aux comptes et maître de conférences à l’université Badji Mokhtar de Annaba, estime pour sa part que « c’est le plus cher contrat signé à travers le monde pour des études d’ingénierie. Pourquoi dépenser autant d’argent en monnaies fortes - plus de 12 millions de dollars pour chaque étude - alors qu’elles sont à la portée des ingénieurs de Sonatrach. Pis encore, notre compagnie a récupéré la plupart des ingénieurs du bureau d’études international BRC sans parler des milliers d’ingénieurs qualifiés que produisent annuellement nos universités. Visiblement, Sofregaz a réussi son pari, celui de reconquérir le marché algérien après plusieurs années d’absence et ce malgré le climat de tension qui caractérise actuellement les relations entre Alger et Paris. Son passé prospère avec Sonatrach remonte aux années 1990 lorsqu’elle s’était vu octroyer de très alléchants contrats.
Outre la rénovation des installations du complexe GNL Skikda, elle s’était partagé avec sa compatriote Entrepose, un contrat de plus d’un milliards de francs pour l'équipement du tronçon nord de l'oléoduc Adrar-Hassi R'Mel long de 307 km. Le projet en question portait sur la mise en place de trois stations de pompage, deux systèmes de télécommunication et d’un système de télésurveillance et de protection cathodique. Cet oléoduc transsaharien assure actuellement le transport de près de 7 millions de tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par an. De même, Sofregaz avait été chargée d’étudier la traversée du détroit de Gibraltar dans le cadre du projet gazoduc Maghreb-Europe.