La corruption à Sonatrach transport par canalisation continue.

Publié le par sonatrach


Sofregaz décroche cinq contrats de gré à gré avec une part importante de dessous de table.

 

Ces contrats nous permettent de renouer avec le client historique qu’est Sonatrach, se félicitaient les responsables de la compagnie française au lendemain de la signature à Alger –début Août 2009- de 5 contrats FEED sur divers ouvrages d’envergure du réseau gaz de Sonatrach Transport par canalisation (TRC).

 

D’un montant de 61,5 millions de dollars, ces cinq contrats ont été conclus selon la procédure de gré à gré. Pour Ahmed B, ex-haut cadre de la direction TRC, le Front end Engeenering Design" (FEED) consiste en la réalisation d'une étude d'ingeenering complète aboutissant à la rédaction et à la fourniture en sus de l'étude complète, d'un cahier des charges en bonne et due forme, servant au lancement de l'appel à la concurrence étant entendu que le réalisateur de ce FEED ou une de ses filiales ne peuvent en aucun cas participer à cette concurrence pour ne pas être juge et partie. Ces 5 FEED concernent les ouvrages suivants :

 

1/ Futur gazoduc GR5 de 900 km entre Timimoune et Hassi R’mel et ses ouvrages associés devant assurer l’évacuation des champs en développement sur la zone au sud-ouest de Hassi R’Mel,

 

2/ nouveau Centre national de dispatching Gaz (CNDG) au niveau de Hassi R’Mel,

 

3/ mise en place d’aéro-réfrigérants sur les quinze stations de compression existantes des trois gazoducs GZ1, GZ2 et GZ3 allant de Hassi R’Mel à Arzew,

 

4/ les deux stations de compression sur le futur gazoduc GZ5 allant de Hassi R’Mel à Beni Saf et enfin la station de compression terminale du futur gazoduc GR4 allant de Rhourde Nouss à Hassi R’Mel et son interconnexion avec le CNDG.

 

C’est ainsi que les affaires avec Sofregaz ont repris et la preuve l'octroi en août 2009 de 5 contrats FEED et de fort belle manière, c'est-à-dire de gré à gré», a affirmé notre interlocuteur sur un ton ironique. De son côté, le professeur Nassreddine Ziani, commissaire aux comptes et maître de conférences à l’université Badji Mokhtar de Annaba, estime pour sa part que « c’est le plus cher contrat signé à travers le monde pour des études d’ingénierie. Pourquoi dépenser autant d’argent en monnaies fortes - plus de 12 millions de dollars pour chaque étude - alors qu’elles sont à la portée des ingénieurs de Sonatrach. Pis encore, notre compagnie a récupéré la plupart des ingénieurs du bureau d’études international BRC sans parler des milliers d’ingénieurs qualifiés que produisent annuellement nos universités. Visiblement, Sofregaz a réussi son pari, celui de reconquérir le marché algérien après plusieurs années d’absence et ce malgré le climat de tension qui caractérise actuellement les relations entre Alger et Paris. Son passé prospère avec Sonatrach remonte aux années 1990 lorsqu’elle s’était vu octroyer de très alléchants contrats.

 

Outre la rénovation des installations du complexe GNL Skikda, elle s’était partagé avec sa compatriote Entrepose, un contrat de plus d’un milliards de francs pour l'équipement du tronçon nord de l'oléoduc Adrar-Hassi R'Mel long de 307 km. Le projet en question portait sur la mise en place de trois stations de pompage, deux systèmes de télécommunication et d’un système de télésurveillance et de protection cathodique. Cet oléoduc transsaharien assure actuellement le transport de près de 7 millions de tonnes de gaz de pétrole liquéfié (GPL) par an. De même, Sofregaz avait été chargée d’étudier la traversée du détroit de Gibraltar dans le cadre du projet gazoduc Maghreb-Europe.

 

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Samira Akli 08/02/2015 23:20

« La malédiction pétrolière »

Par : Y.Mérabet

Un peuple castré et ses richesses volées
L’Algérie un beau pays, fée du bassin méditerranéen, de son vaste désert jailli cet or noir au pouvoir magique. Un pays veillant, et fière et enthousiasmé de sa jeunesse. L'enthousiasme de notre jeunesse, son énergie et l'élan formidable insufflés par la fin de cent trente-deux années cauchemaresques, offre aux algériens autant d'atouts pour vivre dans la joie et le bonheur. Les revenus de la manne pétrolière, judicieusement utilisés, devaient lui permettre d'affronter les affres de la misère et du sous-développement et de prendre à bras-le-corps les problèmes de la reconstruction du pays. Le destin des Algériens est lié à l’histoire de son pétrole, cette richesse divine, devait servir à son bonheur et non à son péril. Et on ne fait que constater, plus d'un demi-siècle plus tard, que le bonheur de ce peuple lui a été volé par ses dirigeants et que le pays est devenu un enfer, tandis que le sort de millions d'Algériens n'est que mal vie et souffrances, voire sang et larmes. Pourquoi ce don du ciel qui casse joie et bonheur est-il devenu source de malheurs? Rien à faire devant cette « malédiction pétrolière » venue du ciel, sinon d’essuyer ses larmes de panser ses blessures et d'attendre le tarissement de tous les gisements pétroliers pour que cette malédiction disparaisse. L'Algérie est ****** de ses dirigeants, pas de son pétrole, ni encore de l’usurpation des terres à ses authentiques propriétaires devenu un tribut de guerre (ghanima). Ces dirigeants despotiques se sont emparés du pouvoir par la force des armes devant très tôt au lendemain de l'indépendance, Un pouvoir familial illégitime de successeurs corrompus qu’ils ne veulent pas encore pas remettre le pouvoir à son propriétaire légitime, le peuple ? Un pouvoir en péril qui sombre dans le cycle infernal et perpétuel et qui fait de nos des hydrocarbures et de nos terres son bien personnel. C'est pourquoi l'Algérie n'est aujourd'hui ni une république démocratique ni populaire, ni même une république à ce que proclame son nom officiel. La malédiction n’est pas dans son pétrole, mais dans le système de gouvernance, qui attribue tout le pouvoir à un homme éventail dirigé par à un clan d’hommes invisible. Cette malédiction s’incarne dans le mode de transmission de ce pouvoir scindé en deux clans , celui de l’entourage du président élu plus ou moins démocratiquement par le peuple et de l’autre partie qui se proclame être l’authentique « famille révolutionnaire », c’est elle qui gouverne le pays de long en large .Cette phalange de hors la loi , est une mafia politico-économique des affaires natif d’une région du pays bien déterminée, qui détient le pouvoir, depuis la nuit des temps. Elle gomme et dégomme, place et déplace les walis, les ministres et les Chefs d’Etat, peut créer ou éteindre les feux des conflits et se sert se sert de l’argent du peuple, ils règnent en maitre. Les affaires de corruption dénoncées à la justice aboutissent se terminent souvent par un non-lieu ou se font trainer sur des interminables ‘moudayala’ qui s’étalent sur des décennies, (le temps qu’ils soient archivées après 10 ans), pour deux mandats maximum d’un pouvoir présidentiel. Cette remarquable conspiration a pour but de protéger le pillage de nos richesses nationales par ses dirigeants. L’évolution des choses a fait qu’en Algérie, les différents dirigeants qui se sont succédés, se sont de plus en plus accaparé des ressources en hydrocarbures du pays en les utilisant comme leur bien personnel que pour le bien être de la population. Ces dirigeants amassent de fantastiques fortunes qu’ils placent dans des investissements un peu partout dans le monde.
Pour ce qui est de la corruption à Sonatrach cela apparaissait beaucoup plus clair après la disparition du Président Boumediene et de la continuité du régime dictorial du Président Chadli Bendjedid, alors le pouvoir pétrolier commença à se transmettre entre de main en main entre des gens malhonnêtes. En 1979, Chadli Bendjedid ouvrit les portes de la corruption généralisé à la portée de tout le monde, une façon de faire baigner toutes les affaires de corruption dans le chaos qui permettra de brouiller les pistes à l’investigation judiciaire.
Rente pétrolière et corruption
Plus de cinquante ans après l'indépendance, rien n’a était fait pour prévoir l’après-pétrole, le peuple algérien dépend toujours pour sa survie à 98 % de la rente pétrolière. Au point que, depuis les années 1980, la vie politique du pays est largement déterminée par les fluctuations de leurs prix sur le marché international, sans tenir compte du suivi du ‘Peack-oil’, c'est-à-dire le renouvellement de nos réserves pétro-gazières. Quand ces prix augmentèrent en 1980, le régime stoppa net tout investissement sur l’exploration des hydrocarbures et la diversification de notre économie. Les dirigeants algériens de l’époque se mirent à importer tout et n'importe quoi, y compris le superflu, aux seules fins d'asseoir sa popularité, le peu d’industries hors-hydrocarbures ont été la plus part fermés, les plus lucratives c’est la mafia qui s’en est accaparé. En 1988, la chute des prix a débouché sur des émeutes et des révoltes populaires, brisées au prix de la mort et de grands dégâts matériel. Plus tard, durant les années 2006-2007 les prix du pétrole atteignirent des sommets à 140 dollars, le régime se mit à rêver de mettre en chantier les projets sociaux-culturels, 1 million de logements, une autoroute Est-Ouest et gigantesque mosquée pour s’attirer des grâces. Le pétrole algérien a permis aux dirigeants algériens de peser longtemps sur la scène politique internationale. L’image que devons retenir de pays révolutionnaire et de leader du tiers monde des années 60, s’est ternie en se transformant en un paravent hypocrite de puissants renégats pétroliers. Ils ont utilisé en sous-main les milliards de dollars des hydrocarbures afin d'acheter le silence des grandes puissances mondiales sous la dérive de la justice et de la démocratie. Derrière tous ces discours grandiloquents de lutte contre la corruption, des pots-de-vin exorbitants puisés dans la manne pétrolière, de transfert de fonds blanchis par le biais d’El-Khalifa, sont allés progressivement garnir les comptes bancaires des hommes du régime à l’étranger. Selon les premières investigations ces transferts de fonds et ces pots-de-vin ont été versés sur des comptes détenus à la Habib Bank, domiciliée à Zurich, en Suisse, à la filiale d’Habib Bank basée à Dubaï, aux Emirats arabes unis ainsi que sur des comptes domiciliés à la Barclays Bank, toujours à Dubaï
Si on revient un peut en arrière, que c’est Houari Boumédiene qui a présidé la destiné du pays et sa descente à l’enfer, il a inoculé, juste après son coup d’état du 19 juin 1965, le virus du despotisme et de la tyrannie ainsi la personnalisation du pouvoir. La terreur qu’exercer Boumédiene et son clan sur une population fatiguée par suite d’une longue et périlleuse lutte de libération, au prix de 1 500 000 morts.
Au-delà des clans du pouvoir, plusieurs couches de la société ont été contaminées, afin que ce métastase de propage pour entrainer un changement su comportement humains et que la corruption devienne monnaie courante dans la vie quotidienne de l’Algérien. Il est aujourd'hui ancré dans les esprits de nos enfants en particulier, que seuls les pots-de-vin permettent de régler les questions de la vie quotidienne, qu'il s'agisse de la recherche u d’un emploi, de la réussite à un concours, de l'obtention d'un diplôme, de la délivrance d'un simple document administratif ou une fosse tombale au cimetière de Sidi M’hamed. Le régime instauré a également franchi un pas dans la destruction des valeurs morales du peuple algérien, que d'autres avant eux avaient un tant soit peu préservées.



Avec l’arrivée de Chadli Bendjedid au pouvoir en 1979, ce sont les règlements de comptes qui ont pendant quelques années fait office de politique de gestion des affaires de l’Etat. Ces règlements de comptes ont démarré d’abord au plus haut niveau de la sphère du pouvoir, puisque Chadli n’a eu de cesse que de harceler et de liquider tous ses anciens compagnons du Conseil de la révolution. Pourquoi une telle attitude ? Est-ce par esprit de revanche de sa part, lui qui avait été marginalisé à l’époque de Boumediene ? Est-ce parce qu’il craignait que ces mêmes compagnons ne se liguent contre lui et ne s’en débarrassent à la première occasion ? Quelque soit la raison, le résultat en fut que toute l’équipe précédente avait été chassée du pouvoir, voire menacée de poursuites judiciaires pour malversations. C’est l’époque où a été créée la cour des comptes, qui a tournée à plein régime et actionné des instructions contre tous les barons de l’ancien régime.
Cet esprit de règlements de comptes n’avait pas tardé à faire tâche d’huile et à se propager à toutes les structures de l’Etat. On avait l’impression que les nouveaux ministres avaient été retenus sur la base d’un critère fondamental, celui précisément d’avoir été marginalisés durant la période Boumediene. Ils étaient en majorité animés de rancœurs qu’ils ont extériorisées une fois arrivés au pouvoir. Ce fut, entre autres, le cas du nouveau ministre de l’énergie qui avait occupé, quelques années auparavant, le poste de directeur de l’énergie et des carburants, dont il avait été chassé par le ministre de l’époque.
On a alors assisté, à compter de 1979, à une chasse aux sorcières menée contre tous les cadres du secteur de l’énergie, dont ceux de la Sonatrach tout particulièrement. Le président directeur général, tous les vice-présidents, tous les directeurs centraux et nombre de directeurs opérationnels furent tour à tour dégommés sans ménagement. Le harcèlement ne s’est pas limité au limogeage de la personne. Certains ont eu leurs salaires coupés, d’autres ont été mis d’office à la retraite, des fois sans même que la pension correspondante ne leur soit attribuée. La persécution s’est étendue, bien des fois, jusqu’à la vie privée des individus.
Une telle attitude vindicative eut des répercussions profondes sur le fonctionnement des hydrocarbures. Toute l’expérience accumulée pendant une quinzaine d’années par des dizaines d’ingénieurs, de financiers, de juristes et autres cadres supérieurs était brocardée, perdue définitivement, les intéressés ayant été vidés de leurs postes comme des malpropres, sans qu’il n’y ait eu passations de pouvoirs, encore moins transmissions de connaissances et d’expérience. Qui plus est, les nouveaux responsables désignés avaient souvent été choisis à l’extérieur, ou très bas dans l’échelle hiérarchique des structures dont ils prenaient la charge. On avait connu par le passé des limogeages quand un ministre, par exemple, était remplacé par un autre; jamais par contre, jusqu’à cette date, on n’avait connu le phénomène au niveau technico-économique. Le plus étonnant dans l’affaire est que ces bouleversements n’étaient pas dus à l’instauration d’une nouvelle politique économique; il n’était pas question de remplacer - tout au moins pas à cette date - une option socialisante par une autre plus libérale, non, il s’agissait simplement d’assouvir la vengeance d’une personne contre une autre; cela s’était répercuté sur tout un secteur économique hautement stratégique et avait touché des gens qui n’avaient rien à voir avec les querelles d’antan.
La chasse aux sorcières menée à l’intérieur du secteur pétrolier a été une sorte de galop d’essai pour une action plus grande et plus officielle de domestication des cadres au sein de l’appareil économique, mais aussi dans les rouages de l’Etat, intervenue quelques temps après. On se souvient de la mise en application de cette disposition si controversée, selon laquelle on ne pouvait occuper un poste de responsabilité que si l’on était membre du FLN, parti unique et dont le résultat funeste a été que l’on a chassé énormément de compétences de leurs fonctions, mais très souvent du pays lui même.
Le second “ coup d’éclat” qu’avait connu le secteur des hydrocarbures durant la période 1979/1981, qui avait causé des dégâts encore beaucoup plus importants à l’économie, a été la liquidation des fabuleux contrats de vente de gaz passés par la Sonatrach avec des clients américains, dont celui avec El Paso Natural Gas. Dans cette affaire aussi, ce sont de vils sentiments de vengeance qui avait prévalu sur l’intérêt national, bien que les arguments officiellement invoqués étaient que les prédécesseurs avaient bradé le gaz et qu’il fallait, par ailleurs, garder des réserves pour les générations futures. De nouvelles négociations de prix furent engagées avec les dirigeants d’El Paso Natural Gas. Le nouveau prix exigé par les Algériens était environ trois fois supérieur à celui agréé auparavant et environ le double du prix généralement admis sur le marché d’alors. Le marché mondial du gaz en était à ses premiers balbutiements et il n’existait pas encore de prix de référence par zone géographique; il y avait néanmoins une logique marchande qui ne fut pas respectée.
Les exigences algériennes démesurées en matière de prix, auxquelles étaient venues s’ajouter des remarques pernicieuses quant au rôle de l’Algérie dans le dénouement de l’affaire des otages de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, allaient au final causer la rupture définitive de tous les contrats avec les acheteurs américains. Ce sont des livraisons de 45 milliards de mètres cubes de gaz par an, pendant au moins 25 ans qui avaient ainsi disparus du tableau de vente de la Sonatrach, sur ordre du président Reagan en personne, semble-t-il. Evidemment derrière, Mexicains, Canadiens et Vénézuéliens étaient heureux de combler le vide laissé par les Algériens.
La présidence de Chadli Bendjedid avait été également marquée par le scandale dit des 28 milliards de dollars, révélé par le premier ministre Abdelhamid Brahimi. Ce scandale ne représentait que le début de l’ère des détournements de fonds à grande échelle dans laquelle s’engageait l’Algérie et celui de l’enrichissement illicite des puissants du régime, qui usant et abusant de leur pouvoir allaient entamer la mise en coupe réglée de l’économie nationale, avec une concentration particulière sur la rente pétrolière. L’exemple le plus frappant, rapportés d’ailleurs par tous les journaux de l’époque, est celui de cet homme d’affaires libyen, un certain Omar qui, associé à un premier ministre italien et à de hautes personnalités algériennes, s’étaient constitué des fortunes à l’occasion de la signature de contrats de vente de gaz à l’Italie, via le gazoduc sous marin.
A partir du moment où les ressources pétrolières et gazières étaient devenues l’objet de convoitises de ce que l’on appellera plus tard la mafia politico-financière, le fossé entre les puissants et les faibles, les riches et les pauvres, les gouvernants et les gouvernés allait commencer à se creuser. Ce phénomène a participé, comme on le sait, à l’éclosion de la révolte de la rue en 1988 et à l’avènement d’une autre forme de rejet du système, celle de la puissante affirmation du FIS sur la scène politique durant la période 1989/1991. Les conséquences autrement plus graves de cet état de fait sont connues de tous, l’Algérie n’étant pas encore à ce jour, totalement sortie de la spirale de violence dans laquelle elle s’est engouffrée au lendemain de l’interruption, par l’armée, du processus électoral en cours, en janvier 1992.
La seule lueur d’espoir entrevue à l’époque a été la proposition du gouvernement de Mouloud Hamrouche d’apporter un peu plus de transparence dans les comptes de l’entreprise Sonatrach. Il était prévu que ces comptes feraient l’objet d’un audit annuel par un cabinet spécialisé de renommée internationale. Toutes les compagnies pétrolières de renom, les américaines en particulier procèdent à des audits similaires de manière à éviter les dérives, comme celle mise à jour récemment à l’intérieur du groupe Enron. L’idée n’avait pas emballée la classe politique; d’ailleurs de tous temps, les hauts dignitaires du régime algérien ont préféré l’opacité à la lumière, afin de mettre à l’abri des regards indiscrets leurs agissements pas toujours très orthodoxes. L’initiative est tombée à l’eau avec le départ de Mouloud Hamrouche et son équipe. Quant aux gouvernements qui lui ont succédé, ils n’ont plus manifesté aucune velléité pour une disposition similaire. Dommage. Il est fort probable que si la rente pétrolière n’avait pas existé, les convoitises de certains n’auraient pas été attisées, au point qu’obnubilés par la satisfaction de leurs seuls intérêts matériels personnels et de leurs ambitions de pouvoir, ils aient été aveugles devant la grande détérioration de la situation politique, économique et sociale du pays. Hélas l’Algérie n’en était encore qu’au début de la descente aux enfers.
Au royaume des copains et des coquins Entre le départ de Chadli et l’arrivée de Bouteflika, les priorités étaient ailleurs. La lutte contre le terrorisme, les massacres et les attentats, avaient permis de détourner les regards vers d’autres sujets autrement plus vitaux pour le citoyen. Il était beaucoup plus important pour tout un chacun de préserver sa vie et celle de sa famille et d’assurer le pain quotidien de ses enfants, plutôt que de penser à ce qui se passait derrière la vitrine, dans le secteur des hydrocarbures. Pendant ce temps, les profiteurs de guerre, eux, ne dormaient pas. La gangrène des pots-de-vin et de la corruption avait commencé à s’étendre jusqu’à atteindre les proportions qui sont aujourd’hui de notoriété publique. On se souvient du scandale du fer à béton irradié lors de la catastrophe de Tchernobyl, mis sur le marché, ou des cargaisons de sucre commandées, payées, mais jamais livrées, pour ne citer que ces deux exemples plus appréhensifs pour l’Algérien moyen. Le secteur pétrolier est lui beaucoup plus opaque et les intérêts immenses : ils se chiffrent en milliards de dollars. Pour situer les idées, citons quelques chiffres. Durant la décennie 90, les recettes tirées par l’Etat de l’exploitation du pétrole et du gaz se sont élevées bon an mal an à une quinzaine de milliards de dollars, auxquels il faut rajouter une somme au moins équivalente pour ce qui est des bénéfices réalisés par les compagnies pétrolières; c’était donc une manne d’une trentaine de milliards de dollars qui faisait l’objet de convoitises. Il n’y a bien sur pas de corrompus sans corrupteurs. Les compagnies pétrolières sont disposées à octroyer des largesses à quiconque leur garantira leur part du pactole; plus cette personne est puissante, mieux c’est. Aux Etats-Unis, jusqu’à une date récente, la pratique de verser des commissions à des dignitaires étrangers était normalement admise à défaut d’être officiellement permise. Une loi très hypocrite l’interdisant, sauf cas particuliers, a été passée, il n’y a pas très longtemps. On peut donc imaginer que le secteur pétrolier algérien, comme celui de nombreux autres pays d’ailleurs, a été et continue d’être le royaume des copains et des coquins. Prenez le chiffre de 30 milliards de dollars, cité plus haut et multipliez le par un pourcentage quelconque, aussi minime soit-il et vous aboutirez à un montant qui donne le tournis.
L’Algérie, pays pétrolier, membre de l’OPEP jusqu’à ce jour, n’a osé, à renoncer à sa souveraineté sur ses propres richesses pétrolières et les livrer aussi facilement aux intérêts étrangers, en mettant sur le tapis la fameuse loi des hydrocarbures de 2005. Examinons maintenant quelques évènements qui se sont déroulés sur la scène pétrolière mondiale depuis le début de l’année 2005, l’Etat russe avait repris le contrôle de la compagnie Youkos, propriété du milliardaire emprisonné Khodorovsky. Dans la foulée et afin de se prémunir de toute surprise en provenance de l’étranger, le président Poutine avait fait adopter par la Douma une nouvelle législation qui interdisait dorénavant toute participation majoritaire étrangère dans toute entreprise russe du domaine de l’énergie.
Au mois de mars de la même année, la compagnie chinoise CNOOC faisait une offre de rachat de 18,5 milliards de dollars, de la compagnie UNOCAL (Union Oil of California), dépassant de loin la proposition de 16,5 milliards de dollars de Texaco - Chevron. Une hystérie politique saisissait alors le Congrès et la Maison Blanche, tandis que la panique s’emparait du gendarme de la bourse américaine, la SEC (Security Exchange Commission). La CNOOC est certes contrôlée à 70% par l’Etat chinois, mais les 30% restants sont détenus par des capitaux privés dont les actions sont en vente libre à Hong Kong et New York. Mais qu’à cela ne tienne, la Chambre des représentants a quand même adopté, le 30 juin, une résolution selon laquelle l’OPA chinoise représentait un danger pour la sécurité nationale et a demandé à l’administration Bush de bloquer la cession vers laquelle on se dirigeait. Le Congrès a alors rajouté en catastrophe une disposition à la loi sur l’énergie, instaurant un moratoire de 4 mois supplémentaires pour étudier la politique énergétique de la Chine, ce qui a permis de bloquer temporairement l’offre d’achat de la CNOOC. La saga n’a pris fin qu’en août quand l’offre de Texaco - Chevron a finalement été retenue, bien qu’elle n’était que de 17,6 milliards de dollars, c’est à dire encore inférieure de près d’un milliard à celle de la CNOOC. Face à cette levée de boucliers, cette dernière a préféré renoncer à cet achat.
Ceci se passait donc en 2005, aux USA pays de l’ultra libéralisme, sous la présidence de George W. Bush, celui-là même qui, nous a-t-on dit, a imposé à l’Algérie la loi sur les hydrocarbures, faute de quoi il lui aurait fait subir le sort de l’Irak. Question 1 : le patriotisme économique n’est-il de mise que quand il concerne les intérêts stratégiques américains ? Question 2 : l’Algérie, n’a-t-elle réellement aucun moyen de s’opposer à ce genre d’injonction ? Et pourtant d’autres pays, ne disposant de guère plus de moyens qu’elles, osent défier les Etats-Unis dans ce même domaine des hydrocarbures.
L’exemple le plus frappant est celui du président vénézuélien Hugo Chavez qui, après avoir remis en cause la législation plus libérale qui existait dans son pays, est allé jusqu’à menacer, en août 2005, d’interrompre les livraisons de pétrole brut à destination des USA. Peu de temps auparavant, son administration avait sommé trois multinationales pétrolières de régulariser les fraudes fiscales de plusieurs centaines de millions de dollars auxquelles elles s’étaient livrées. Aux premiers jours de l’année 2015, les USA interdissent au Venezuela d’importer le pétrole algérien. ?
L’autre exemple plus récent, puisqu’il ne date que de janvier de cette année, est celui du président bolivien nouvellement élu, Evo Moralès, qui a engagé un autre bras de fer avec les multinationales. La nouvelle loi bolivienne sur les hydrocarbures est à l’exact opposé de l’algérienne, puisqu’elle prévoit la nationalisation des hydrocarbures, mais aussi comme l’affirme le président Morales : « Nous n’allons pas confisquer les biens des compagnies étrangères, mais exercer le droit de propriété sur le sous sol et en surface ».
On pourrait continuer à faire le tour du monde et constater que tous les pays, y compris les plus ardents partisans de la mondialisation et de l’ultra libéralisme, défendent ce principe fondamental, celui du droit de propriété sur les richesses pétrolières de leur sous sol. Droit à l’exploitation par l’entreprise étrangère, oui; droit à la propriété des réserves, non. Quant à la notion de patriotisme économique défendue par les Américains, on la retrouve aussi dans la saga Arcelor - Mittal Steel qui mobilise l’Union Européenne ces temps-ci. Alors, les Algériens sont-ils devenus tout d’un coup moins patriotes que tout ce monde-là ? Sont-ils devenus plus intelligents que tous les peuples de la planète, plus intelligents que tous les pays pétroliers, OPEP ou non OPEP, plus intelligents que les Russes, les Américains ou les Français ? L’Algérie est-elle devenue plus puissante que tous les puissants de ce monde ou plus faible que les plus faibles ? La morale à tirer de ces nombreux exemples est qu’il n’y a lieu d’être ni plus patriote ni moins patriote que d’autres, ni plus intelligent, ni moins intelligent, mais d’être tout simplement comme tout le monde; vouloir s’illustrer et jouer aux “ précurseurs” n’est pas une marque de sagesse. La plus grande marque de sagesse de l’homme est celle de savoir faire marche arrière quand il se rend compte qu’il s’est trompé. Ce n’est pas faire preuve de faiblesse que de revenir sur un acte quand cet acte engage l’avenir d’une nation et celui de plusieurs générations. En Algérie, il est encore temps d’éviter les conséquences néfastes de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, avant que la machine ne s’emballe. Tant qu’elle n’est qu’une disposition sur le papier, non encore appliquée, celui ou ceux qui l’ont faite peuvent la défaire.
Cette loi qui a été de 1999 à nos jours l’événement le plus important dans le domaine du pétrole et du gaz. On se souvient que déjà en 2002, tout était prêt pour son adoption, mais que l’opposition de la majeure partie de la classe politique et celle de l’UGTA qui avait observé une grève nationale de 48 heures, avaient empêché que cela ne se fasse. Elle fut retirée pour être représentée en février 2005. Et là, tout d’un coup, tous les rouages de l’Etat étaient pour, présidence de la République, gouvernement, assemblée nationale, conseil de la Nation, partis de l’alliance présidentielle; même les travailleurs y sont devenus favorables. Pourtant aucun élément nouveau n’est intervenu durant la période, même le texte de loi est resté, à quelques détails près, inchangé. Au plan international, on n’a pas eu d’exemple d’un autre pays qui ait adopté une législation similaire; au plan intérieur, on a eu une élection présidentielle. Est-ce cela l’événement cause du changement ? Comment se fait-il que ce qui n’était pas bon pour le pays en 2002, le soit devenu deux ans après ? Comment se fait-il que les travailleurs qui étaient prêts à bloquer l’économie du pays, pendant longtemps si nécessaire, aient brusquement changé d’avis ? La seule explication fournie par l’UGTA à l’opinion publique a été que le chef du gouvernement l’aurait rassuré, en disant que la loi était bonne pour le pays. C’est plutôt court comme argument pour une décision aussi lourde de conséquences.
Conclusion : Beaucoup de corruption, beaucoup de rapaces autour de la manne pétrolière et bientôt peut être dépossession du peuple de sa souveraineté sur ses richesses naturelles ; tel est l’état des lieux peu agréable du secteur des hydrocarbures depuis 1962. On sait aussi que la rente pétrolière n’est que l’arbre qui cache la forêt de l’économie nationale : 98% des recettes en devises du pays en proviennent. Sous couvert de richesse, c’est la faiblesse du pays que cette rente camoufle. Imaginons l’inimaginable si l’Algérie sera amputé de sa future ressource énergétique potentielle de gaz naturel gisant dans le sous-sol saharien (marginalement appelé gaz de schiste). Que deviendrait l’Algérie si demain le pétrole et le gaz venaient nous manquera ? Et, cela peut-être dans moins de 7 à 8 ans. Pourrait-elle survivre, voire exister grâce aux 2% de recettes restantes ? Mais cet inimaginable finira, un jour par arriver si la manipulation de la population du Sud par nos ennemies prendra des allures politiques et régionalistes. Quelle sera ce jour la situation du pays ? Allons plus loin et demandons-nous qu’aurait été l’Algérie, si elle n’avait jamais eu de pétrole ? Se serait-elle tournée vers le tourisme comme les Tunisiens, ou vers le commerce comme les Syro-libanais ? Est-ce que les Algériens se seraient orientés vers les richesses de la mer comme les Grecs ou seraient-ils devenus industrieux comme les Turcs ? C’est bien sur de la fiction, mais elle illustre le fait que d’autres peuples, sans pétrole, ne s’en portent pas plus mal; peut être même sont-ils plus heureux. Rajoutons à ce tableau le fait que la guerre d’indépendance qui aurait pu se terminer au début de 1956, a duré six ans et demi de plus en raison de la découverte de pétrole, cette année-là précisément.
Association Algérienne des Relations Internationales (119,Bd Didouche Mourad, Alger centre)

Samira Akli 01/02/2015 23:37

Les nostalgiques de l’Algérie Française et les adeptes du printemps arabe s’empênent à l’exploitation du gaz de schiste d’In-Salah.
Par Y.Mérabet
Le gaz de schiste est un gaz naturel de même constitution chimique que celui que Sonatrach exploite du sous-sol Algérien depuis des décennies. Que ce soit pour le pétrole ou pour le gaz la même technologie d’extraction est utilisée sans faille. La Sonatrach a déjà forée plus 11000 puits, dont une centaine suivie d’une fracturation hydraulique de la couche productrice, sans engendrer le moindre incident. La parfaite isolation de la couche aquifère du tubage n’à jamais posé de problèmes affectant l’exploitation ou l’environnement. La valorisation des ressources énergétiques du pays est une affaire qui relève exclusivement de l’Etat algérien, des experts en la matière et des autorités compétentes. Halte ! A la polémique et aux charlatans présumés experts. Halte ! A la rue chauffée à blanc par des nostalgiques de l’Algérie Française et les adeptes du printemps arabe.
Les dessous de la polémique
Les intérêts bien compris de la France en jeu à In-Salah
Deux ans plus tôt, en 1956, d’énormes gisements pétroliers ont été découverts dans le Sahara, alors estimés à un milliard de tonnes, soit 7 milliards de barils. Ils permettraient à la France de passer du statut de pays importateur de pétrole à celui d’exportateur. Il faut donc, à tout prix, que la France garde le contrôle des hydrocarbures algériens. Elle y parviendra avec les accords d’Évian en mars 1962. Outre les difficultés propres à la gestion politique d’un conflit qui a généré des passions difficilement extinguibles, c’est là la raison essentielle de la poursuite de la guerre. Pendant quatre ans, De Gaulle, en représentant de la France et de sa bourgeoisie, va chercher à se donner les moyens d’octroyer l’indépendance à l’Algérie sans perdre la mine d’or noire qui créé l’euphorie des milieux pétroliers français. A défaut d’une Algérie française, il faut que le pétrole le soit, d’autant plus que l’échec de l’expédition de Suez en 1956 et la nationalisation du canal par Gamal Abdel Nasser ont obligé la France à instaurer un système de rationnement de l’essence. Par ailleurs, le Sahara, depuis janvier 1957, est le lieu choisi par l’armée française pour faire des essais nucléaires qui démarreront en 1960.
Autant de raisons de veiller aux conditions dans lesquelles une nation algérienne pourrait voir le jour. Car De Gaulle est clair quant à la possibilité pour l’Algérie d’accéder à son indépendance. En septembre 1959, il déclare : « Compte tenu de toutes les données algériennes, nationales et internationales, je considère comme nécessaire que le recours à l’autodétermination soit dès aujourd’hui proclamé. Au nom de la France et de la République, en vertu du pouvoir que m’attribue la constitution de consulter les citoyens, pourvu que Dieu me prête vie et que le peuple m’écoute, je m’engage à demander, d’une part, aux Algériens, dans leurs douze départements, ce qu’ils veulent être en définitive, et, d’autre part, à tous les Français d’entériner ce choix. » Dès octobre 1958, il offre au Front de libération nationale algérien (FLN) la « paix des braves », avec pour seule condition de laisser le « couteau au vestiaire ». Pourtant, les coups portés par l’armée française aux combattants algériens redoublent de violence en 1959. Les katibas, unités de l’Armée de libération nationale (ALN), des willayas ou zones de la Kabylie et des Aurès sont brisées. Plus de deux millions de paysans algériens sont déplacés. Si « l’Algérie de papa est morte », la guerre, elle, ne l’est pas.
Une indépendance de mauvais gout
Si De Gaulle a retardé ainsi la reconnaissance de l’indépendance, c’est qu’entre 1958 et 1962 ont été créées les conditions pour que la France puisse se retirer d’Algérie en conservant des avantages exorbitants. Si à Evian, l’Algérie devient le propriétaire des richesses pétrolières, c’est la France qui possède le réel pouvoir de gestion de celles-ci, le code pétrolier saharien étant maintenu. En 1960, le FLN a déjà gagné la bataille politique contre la France, mais il n’a pas les moyens d’imposer l’indépendance militairement. Certes, les leaders, après avoir parcouru le monde, ont trouvé des appuis au FLN. En France, les organisations de gauche commencent aussi à affirmer leur soutien à la « cause algérienne ». Mais la faiblesse militaire du FLN lui commande de faire des concessions à la France, dès lors qu’elle reconnait l’intégrité du territoire algérien.
Au-delà de la reconnaissance essentielle pour l’Algérie de son statut de nation indépendante, les accords d’Evian sont très favorables à la France. Ils confirment « l’intégralité des droits attachés aux titres miniers et de transport accordés par la République française, en application du code pétrolier saharien ». Une fois garanti le « droit du concessionnaire et de ses associés de vendre et de disposer librement de leur production », c’est l’approvisionnement de la France en pétrole qui l’est. L’exploitation des hydrocarbures ne peut devenir plus onéreuse en raison de la fiscalité qui lui est appliquée. Pendant six années, sur des offres égales, l’Algérie doit favoriser les sociétés françaises. Enfin, les compagnies françaises ont un droit de propriété du sol et du sous-sol dès lors qu’elles ont une concession. En somme, la manne pétrolière algérienne reste largement aux mains des Français.
Le conflit, d’après les historiens, aurait fait 500 000 morts, très majoritairement Algériens. Alors que son issue était inéluctable, la guerre a perduré des années durant. A la suite de l’Indochine, elle a fait de l’armée française une école reconnue pour l’usage de la torture. Quant à la société algérienne, elle est sortie de cette guerre d’indépendance exsangue, et dominée par l’armée. Mais pour la bourgeoisie française l’essentiel était préservé : elle pouvait se retirer d’Algérie, ses intérêts y étant durablement sauvegardés.
Le Sahara au cœur de la guerre
La France a cherché, dès décembre 1956, à faire du Sahara une entité juridiquement autonome de l’Algérie. Cela avait un avantage de taille : si l’Algérie devenait indépendante, le Sahara – base arrière militaire et terre pétrolière – pourrait rester sous contrôle français. Félix Houphouët-Boigny, alors ministre d’Etat de Guy Mollet, élabora un projet, entériné en janvier 1957 par l’Assemblée nationale, créant l’Organisation commune des régions sahariennes (OCRS) « dont l’objet est la mise en valeur, l’expansion économique et la promotion sociale des zones sahariennes de la République française ». En juin 1957, est créé en France un « ministère du Sahara ». Deux des quatre départements français d’Algérie, les Oasis et la Saoura, sont intégrés à l’OCRS en août 1957. Enfin, en novembre 1958, soit six mois après l’arrivée de De Gaulle au pouvoir, est adopté le code pétrolier saharien. Ce dernier donne à la France un droit de regard sur l’exploration, comme sur l’exploitation du sous-sol algérien et lui permet d’assurer son contrôle sur la provenance des capitaux engagés.
Ce sont ces dispositions qui ont généré les situations de blocage entre la France et le gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA), créé dès 1958 sous la tutelle du FLN. Ces dispositions levées, même très partiellement, un accord de paix devenait possible. Pour preuve, le 5 septembre 1961, le général De Gaulle annonçait que le Sahara faisait désormais partie intégrante du territoire algérien, et à peine six mois plus tard, le 18 mars 1962, les accords de paix étaient signés. Plus tard le président Ben Bella, qui n’avait pas participé aux négociations, a remis en causes les accords d’Evian, le chapitre concernant les ressources pétrolières et minières.

ALOUAT 15/11/2013 14:28

Le BLUFFF DE Youcef Youcefi

Hocine Malti réagit aux déclarations de Youcef Yousfi : La récupération du réservoir à plus de 40% « est démagogique »
Écrit par Madjid Laribi
Mardi, 29 Octobre 2013 22:56
Les derniers propos du ministre de l’Energie et des Mines, Youcef Yousfi, tenus dimanche dernier à Illizi lors du coup d’envoi officiel de la production d’El Merk, dans le bassin de Berkine, n’ont
pas laissé indifférents les spécialistes, qui s’interrogent, au demeurant, sur les motifs d’une telle déclaration jugée « démagogique ». Arriver à un taux de récupération de plus de 40% sur les
réserves avouées semble être irréaliste compte tenu des techniques et moyens à utiliser, ainsi que du coût d’une telle opération, qui s’avère très onéreux et inabordable, surtout pour les firmes
étrangères.
Selon Hocine Malti, spécialiste des questions pétrolières internationales et l’un des pionniers qui ont créé la compagnie nationale algérienne des pétroles Sonatrach, « un taux de récupération de
40% n’est probablement pas loin du record mondial. Ce que (le ministre, NDLR) ne dit pas, c’est est-ce par récupération primaire, secondaire ou tertiaire, et moyennant quelle technique, car le coût
n’est pas le même. Et je doute que les entreprises étrangères se lancent dans des investissements fous pour atteindre ce niveau. En bref, c’est de la démagogie ». L’ancien directeur général de
l’Arab Petroleum Services Company (APSC), une holding multinationale, croit qu’une telle déclaration est faite dans le seul souci de rassurer. « C’est pour donner l’impression que tout va bien que
l’on annonce des choses comme celle-là », a-t-il souligné. Dans le même ordre d’idée et comme rapporté par le journal électronique Maghreb Emergent, K. Y, ingénieur à la direction de la production
de Sonatrach, devenu consultant depuis quelques années, affirme, quant à lui, que « la communication de Youcef Yousfi n’est pas claire sur comment le potentiel du gisement a pu être évalué à 1,3
million de barils et surtout elle est complètement irréaliste lorsqu’il parle d’arriver à un taux de récupération de 50% sur le réservoir ». Quant à M. Zerguine, P-DG de Sonatrach, il avait
déclaré, pour sa part, lors du point de presse tenu avec le ministre, que « l’objectif primordial que nous avons retenu, c’est de conforter nos réserves. Cette politique commence à porter ses
fruits, puisque nous venons de réaliser des découvertes importantes qui nous permettent non seulement de reconstituer nos réserves, mais de les augmenter davantage ». A ce sujet, Hocine Malti n’a
pas manqué de relever que « concernant la reconstitution des réserves, c’est faux également. Qu’ils donnent des chiffres des champs découverts et mis en exploitation. Tout le reste, c’est du bluff.
Bien au contraire, ils paniquent ces derniers temps, car ils ont peur de ne pas être en mesure d’honorer certains clients, car, disent-ils, la consommation intérieure a augmenté. La réalité, c’est
aussi le fait que du temps de Chakib Khelil, les gisements ont été bousillés ». Pour ce spécialiste des questions pétrolières, le problème est de dire quelle politique suivent les responsables
algériens concernant les hydrocarbures, y a-t-il une vision d’avenir et un vrai programme de développement ? «Ce que Yousfi, Zerguine ou autre devraient nous dire, c’est quelle politique
suivent-ils ? Est-ce que l’on produit juste pour produire et augmenter les recettes pour stocker cet argent dans des banques, américaines de préférence, ou produit-on en fonction des besoins
financiers du pays ? En d’autres termes, est-ce que l’on mange pour vivre ou est-ce que l’on vit pour manger ? Car ce qui manque à l’Algérie, c’est la définition d’une politique d’exploitation, un
programme de développement, une vision d’avenir. C’est à cela que doivent servir les hydrocarbures », a conclu M. Malti.

Samira Ali 14/11/2013 03:02

Les grosses tête du Transport sous le collimateur?

Des responsables algériens complices du pillage du gaz en Tunisie Par Y.Mérabet

Le ministère tunisien des Affaires étrangères a demandé à son homologue algérien des explications sur l’exportation de gaz algérien vers la Tunisie au profit de la Société tunisienne de
l’électricité et du gaz, sans contrôle douanier.

Des sources bien informées ont indiqué que la demande tunisienne est motivée par le fait que cette Société tunisienne d’électricité et de gaz est quasi-détenue par des proches de l’ancien président
tunisien Zine el Abidine Ben Ali, notamment des proche de Leïla Trabelsi, son épouse. Ces derniers géraient la société et bénéficiaient de ses rentes. Pour traiter les retombées de la révolte
populaire, les autorités tunisiennes actuelles n’ont pas trouvé mieux de déterrer une vieille corruption bien algérienne sur le gaz algérien vendu à l’Italie transitant par le territoire tunisien.
En fait, le Transméditerranéen (Transmed) appelé aussi gazoduc "Enrico Mattei" est composé par deux gazoduc parallèles de diamètre 48’’ chacun qui relient l’Algérie à l’Italie via la Tunisie en
passant par la Sicile. Une extension de ce gazoduc livre du gaz algérien à la Slovénie. Leur capacité de transport actuellement est de 30,2 milliards de mètres cubes de gaz naturel par an, il est
prévu d’étendre leur capacité à 33,5 milliards de m3 de gaz naturel par an d’ici fin 2012.
La partie algérienne du tronçon du gazoduc est exploitée par Sonatrach TRC, la deuxième partie du tronçon transitant sur le territoire tunisien est la propriété de la Société tunisienne du gazoduc
transtunisien (Sotugat) et elle est exploitée par Sergaz. Comme droits de passage, la Tunisie perçoit des redevances imputées sur la quantité de gaz transportée annuellement situées entre 5,25 à
6,75% de la valeur du gaz transporté. Grace au droit de passage, la facture tunisienne en énergie s’est sensiblement allégée.
La construction du premier gazoduc nu de diamètre 48’’ en écoulement libre, c'est-à-dire sans stations de compression a démarré en 1978 et s’est terminée en 1983 et le rajout d’une deuxième ligne
de même diamètre entre 1991-1994. Pour des raisons techniques d’exploitation, cet ouvrage dispose de plusieurs lignes de moindre diamètre en offshore. Grâce à cet important investissement que
supporte seule l’Algérie et qui pèse lourdement sur le remboursement de la dette algérienne, l’Italie assure paisiblement son indépendance énergétique. L’Italie est devenue le premier client de
l’Algérie en gaz naturel, elle importe près de 40% de ses besoins en gaz naturel à partir de l’Algérie.
Du gaz exporté sans contrôle douanier
Le nouveau régime islamiste en Tunisie voudrait mettre un terme au phénomène de la corruption dans lequel ont été impliqués des proches de l’ancien régime tunisien et la Sonatrach visant
indirectement les douanes algériennes. Les autorités tunisiennes n’excluent pas certaines complicités en Algérie qui auraient pu faciliter l’exportation du gaz algérien vers la Tunisie sans
contrôle douanier. Un rapport tunisien établi récemment par des enquêteurs au Centre de pompage d’El Borma a révélé que d’importantes quantités de gaz naturel sont exportées quotidiennement vers la
Tunisie sans le contrôle des services douaniers algériens comme le stipule les articles 165 et 172 du Code des douanes. Ces articles exigent un contrôle douanier permanent pour contrôler les
exportations des divers produits miniers vers l’étranger. Selon le même rapport, la Direction régionale des douanes de Hassi Messaoud n’a pas respecté les mesures de contrôle stipulées par ces deux
articles de loi lors des opérations d’exportation du gaz naturel vers la Tunisie, et ce depuis le mois de novembre dernier. Selon le même document, entre 21 000 et 26 000 m3 de gaz naturel sont
exportés quotidiennement vers la Tunisie sans contrôle douanier depuis le mois de novembre dernier 2011.
Cette affaire de trafic de gaz ne date pas d’aujourd’hui, elle est connue et classée par les autorités algériennes, par risque de mettre en cause certains gros bonnets de la nomenklatura
polico-économique qui gère l’économie de notre pays. Cette affaire de pillage de gaz algérien a démarré en 1978, après la mise en service du gazoduc Enrico Mattei. Des milliards de dollars
peut-être ont été détournés avec la complicité des responsables de Sonatrach Transport par Canalisation l’Engineering d’une manière très intelligente. Une mafia d’hommes d’affaires algériens,
tunisiens et italiens règne sur tout le parcours de cet ouvrage juteux qui traverse trois pays les plus corrompus du bassin méditerranéen. Pour étouffer les échecs économiques, l’autorité islamiste
tunisienne cherche à renvoyer la balle sur le voisin algérien, impliquant directement les Douanes algériennes qui n’ont absolument rien à avoir dans cette affaire algéro-algérienne prise en charge
par les autorités algériennes depuis 1978.
Mettant notre horloge à l’heure : la tâche de contrôle des Douanes algériennes se limite dans notre cas qu’à la lecture, au relevé du volume du gaz en aval des rampes de comptage et à sa
communication au financier chargé d’établir la facturation du volume du gaz vendu aux clients de Sonatrach. Quant à l’entretien, la gestion et la maintenance des équipements, ceux-là relèvent de la
compétence des services de Sonatrach TRC, et s’il y a un vis de forme, comme notre cas, ils en sont responsables.
Youcefi et Zerguine au courant
Il s'avère maintenant que l’affaire du trafic de gaz au terminal arrivée d’Oued Saf Saf, ne date pas d’aujourd’hui, des quantités beaucoup plus importantes que celle que rapportent les Tunisiens
dans leur rapport ont été livrés frauduleusement et d’une manière intelligente de tripotage. Ce trafic nous a été signalé dès les débuts de mise en service de cet ouvrage, et les hauts responsables
de Sonatrach de l’époque ont vite réagit en désignant une commission d’enquête et à sa tète l’actuel ministre de l’Energie Youcef Youcefi. Je faisais moi-même partie de cette commission d’enquête
dénommée comme par hasard "comité 48’’" chargée de résoudre un problème technique de comptage sans rentrer dans les détails de la mise en cause des personnes derrière ce délit ainsi que son mobile.
L’astuce de détournement du gaz en grande quantité que nous avions découvert était très simple : les rampes de comptage qui ne répondaient plus aux normes API, n’étant pas calorifugées, elles
demeuraient sous l’influence de la variation de la température extérieure. Les grands écarts de température influent directement sur la variation de la pression interne du gaz qui modifiera à son
tour le débit du gaz transitant par le disque standard de calcul, incéré à l’intérieur des rampes, au nombre de deux ou plus. C’est de cette manière qu’on est arrivé à détourner de grande quantité
de gaz, sans que l’on sache qui est responsable de cette arnaque. Les services techniques de Sonatrach auraient peut-être pu s’apercevoir que la batterie de rampes réception n’était pas calorifugée
conformément aux normes API et auraient dû signaler cette anomalie dans les réserves du procès verbal de réception provisoire.
Les résultats de l’enquête du comité 48‘’ ne sont pas encore connus, tout ce qu’on sait sur cette affaire de "vol du gaz algérien", c’est qu’un ami ex-haut responsable de Sonatrach chargé de la
construction des ouvrages de transport par canalisation, a été trouvé mort dans son bureau après avoir pris une tasse de café ! Seuls l’actuel ministre de l’Energie et des Mines Youcef Youcefi et
son co-équipier Abdelhamid Zerguine, Président Directeur Général en exercice de Sonatrach ex-vice-président du Transport par Canalisation, détiennent l’historique de l’affaire et seront en mesure
de fournir des informations complémentaires à la cour des comptes.
Menace sur l’approvisionnement de l’Italie en gaz naturel algérien
L’Algérie exporte la moitié de son gaz de vente vers l’Italie, soit environ 30,2 milliards de m3 /an qui transitent par la Tunisie. Le chaos et l’insécurité qui règnent dans ce pays islamiste après
la chute du président Zine El Abidine Bénali risque de porter des coups sévères à la continuité des approvisionnements italiens en gaz algérien et un coup fatal pour l’économie nationale par
l’imputation de 50% de notre production gazière. Voilà ce que rapporte la presse d’information tunisienne (TAP). Une tentative de sabotage en territoire tunisien du gazoduc reliant l’Algérie à
l’Italie via la Tunisie a échoué, selon des informations en provenance de Tunisie. L’information a été répercutée cette semaine par l’agence officielle tunisienne, Tunis Afrique presse (TAP). Selon
des sources concordantes, les exportations de gaz naturel algérien vers l’Italie n’ont subi aucun changement après cette tentative de sabotage. "On achemine normalement le gaz à notre niveau et
selon nos informations, même les stations en Tunisie fonctionnement normalement", nous a déclaré une source du secteur de l’énergie après la publication d’informations relatives à un acte de
sabotage en territoire tunisien sur le gazoduc qui relie l’Algérie à l’Italie via la Tunisie.
Selon l’agence officielle TAP, "deux déflagrations, causées par des engins explosifs au niveau du gazoduc transtunisien reliant l’Algérie à l’Italie via la Tunisie, ont été enregistrées p

Samira Akli 14/11/2013 02:57

L’enivrement pétrolifère d’un ministre de la vingt cinquième heure Par Y.Mérabet
« Il arrive qu’en inhalant du benzène, un sous-produit pétrolier on devient ivre, cela s’appelle ‘l’ivresse pétrolifère’. Ses effets agissent sur le système nerveux, on perd conscience et les
pédales, on ne maitrise plus sa langue, on commence à raconter n’importe quoi en public. Alors qu’on plus de pétrole ou presque pas ? Quant on est VIP borné, on prend nos mensonges pour des
vérités. Le bluff de Youcef Youcefi sur la découverte d’un méga-gisement de pétrole a semée la panique dans les milieux pétroliers ? »
Le ministre de l’Energie et des mines vient d’annoncer une importante découverte d’hydrocarbures liquides non-conventionnels par Sonatrach, dans la région d’Ouargla. Le développement de ce nouveau
gisement nécessitera l’utilisation de la fracturation hydraulique, une technique contestée pour ses effets dévastateurs sur l’environnement et les nappes phréatiques. Youcef Yousfi n’a pas prononcé
le mot « schiste », lors de sa visite dans la région de Hassi Toumiet, située dans le bassin d’Amguid Messaoud où Sonatrach a réalisé une méga-découverte, dont le potentiel d’hydrocarbures a été
estimé à 1,3 milliards de barils. Une découverte qualifiée de « l’une des plus importantes de ces 20 dernières années ». Mais la compagnie pétrolière publique devra utiliser des techniques
non-conventionnelles, c’est-à-dire le forage hydraulique, pour espérer récupérer 50% des réserves de pétrole prouvées, contre 10 à 15% dans le cas de l’utilisation de techniques conventionnelles.
Les surcouts induits par la fracturation hydraulique seront, pour leur part, de l’ordre de 10% des dépenses globales du projet, selon M. Said Sahnoun, vice-président Amont de Sontrach, qui s’est
abstenu d’avancer leur montant.
Rassurer l’opinion publique
A l’exception des échanges d’opinion et avis d’experts par tribunes de presse ou réseaux sociaux interposés, la décision des autorités de passer vers le cap de l’exploitation des hydrocarbures de
schiste n’a pas fait l’objet d’un débat public. A l’image de la plupart des décisions à caractère économique et stratégique prises auparavant par le gouvernement. Pour les autorités, ces annonces
ont pour objectif de « rassurer » l’opinion sur l’existence encore de réserves importantes d’hydrocarbures en Algérie. Des réserves qui continueront à financer les investissements publics et les
transferts sociaux, au moment où des informations de plus en plus alarmistes point en le déclin pétro-gazier. (***)
Falsification des chiffres à des fins politiques
Les inexactitudes et les calculs sur l’avenir du pétrole sont l’objet d’une vraie gruge. En 1985, les pays producteurs réunis au sein de l’OPEP ont pris la décision, jugée fort saine à l’époque,
d’indexer leurs quotas de production de pétrole sur le montant des réserves déclarées par chaque pays membre. Mais des faits étonnent : d’après les données de référence reprises par le groupe
anglais BP dans son rapport 2003 sur l’énergie mondiale, l’Arabie Saoudite est passée, entre 1985 et 1990, de 169 milliards de barils de réserves « prouvées » de pétrole conventionnel à… 258
milliards, soit 50% de plus ! Tous les principaux pays producteurs de l’OPEP sont dans la même situation : Abu Dhabi (30 milliards de barils déclarés en 1985 contre 92 milliards en 1988), Iran (48
milliards en 1985, 92 milliards en 1988), Irak (44 milliards en 1985, 100 milliards en 1988), etc. Le tout sans qu’aucune découverte significative de nouveaux champ pétrolifère n’ait eu lieu dans
ces pays au cours de la période… D’autres supercheries apparaissent chez pays non-OPEP, Triton, la compagnie américaine qui s’est chargée de l’évaluation des ressources du champ pétrolier ‘Cusiana’
a commencé par parler de 3 milliards de barils, une valeur remarquable, qui n’a pas laissé Wall Street indifférente. Triton devait vraiment avoir besoin de l’argent de ses actionnaires, parce que
lorsque BP a démarré l’exploitation de Cusiana, ils sont prudemment redescendus à 1,5 milliards de barils. Et finalement, il y a à peine 800 millions de barils à exploiter.
Si les pays producteurs exagèrent leurs ressources, c’est aussi parce qu’elles permettent d’obtenir plus facilement des prêts bancaires. Les chiffres officiels des réserves pétrolières, sont loin
d’être des données purement scientifiques. C’est le reflet d’un patrimoine financier que les États valorisent ou déprécient selon leur intérêt du moment. L’ensemble de ces sources d’exagérations
contribuent à faire croire que le ‘Pic pétrolier’, et la flambée qu’il entraînera sur les prix, n’arrivera pas avant après-demain. La réalité pourrait être tout autre ; le Pic pétrolier est bien
derrière nous. Alors que nous experts indépendants prévoyons une chute de la production pétrolière à partir de 2015, les études officielles, présentées par les États et les compagnies pétrolières
internationales, la situent entre 2030 et 2060 selon les organismes. Une polémique qui occulte le vrai débat, celui de l’épuisement certain des réserves et de l’impasse énergétique.
Les hommes politiques ne veulent pas parler de catastrophe, car cela supposerait qu’ils apportent des remèdes, ce qu’ils savent impossible. Les pays producteurs exagèrent leurs ressources car elles
reflètent le patrimoine financier que les États valorisent ou déprécient selon leur intérêt du moment. Selon Colin Campbell, membre de l’Aspo, 46 % des ressources actuelles déclarées par les
principaux pays de l’OPEP seraient douteuses, sinon fausses. Pour les compagnies pétrolières, l’enjeu est évident. Leur valorisation boursière dépend en effet des réserves dont elles peuvent se
prévaloir. Évoquant le risque d’image pour les entreprises comme pour les pays producteurs et consommateurs de pétrole.
Avec 86,6 millions de barils consommés par jour dans le monde, la théorie de la substitution, à terme, du pétrole, laisse perplexe les experts indépendants. En effet, ils prédisent également une
déplétion pour le gaz naturel (2030) et le charbon (2050), ressources tout aussi épuisables que le pétrole. Le pétrole et le gaz représentent aujourd’hui 60% de la consommation énergétique. Leur
déplétion va nécessiter soit de réduire la consommation, soit de se tourner vers d’autres sources d’énergie, il n’existe pas de remplaçant unique au pétrole qui attendrait son tour en coulisse,
mais plusieurs énergies de substitution en retard de maturation. Le futur énergétique sera pluriel.
La vérité sur nos réserves d’hydrocarbures conventionnels
La Sonatrach n’arrive plus à renouveler ses réserves, il advint que dans peu de temps le prix de revient du baril de pétrole à la tête du puits sera égal ou plus cher que celui coté à la Bourse.
Malgré les directives du gouvernement d'intensifier l'effort d'exploration, aucune découverte n’a été annoncée en 2003, 2005 et 2010, pour les autres années depuis 2000 les résultats sont
insatisfaisants, insignifiantes et plutôt dramatiques. Durant ces 11 années on a produit 2408,3 millions de TEP et on a renouvelé par 1116, 49 millions de TEP, ce manquement sur le rajeunissement
des réserves vient de rapprocher le jour "J, ce qui nous laisse comprendre que la fin du pétrole en Algérie aura lieu "6 ans plus tôt que prévu", suite au retard sur les découvertes.
L’Algérie est un important acteur au sein de l’OPEP exportateur d’hydrocarbures liquides et beaucoup plus gazeux, avec ses réserves modestes, mais mal exploitées. Les 3/5 de son sous-sol en terre
ferme ne sont encore explorés, la totalité de ses périmètres marins off-shore ne sont pas du tout explorés.
Les réserves d’hydrocarbures algériennes par les chiffres
L'Algérie se classe au 10ème rang des pays de l'OPEP et 12ème en termes de réserves, dépassant le Qatar et l'Indonésie. Selon IHS, l'Algérie a des réserves restantes de 12,87 Bbbl. Cela se compare
à un chiffre de 12,2 Bbbl dans BP Statistical Review. Cumulativement Algérie a produit légèrement en dessous de la moitié de sa récupération finale - 12,44 Bbbl, c’est tout juste au dessous du
"peak-oil". L'exploration et production pétrolière et gazière en Algérie a commencé dans les années 1950 lorsque Cie Française de Pétrole a découvert Hassi Messaod. PCP était le prédécesseur de
Total. Étonnamment, les Français ont réussi à tenir sur les concessions longtemps après l'indépendance algérienne jusqu'au début des années 1980. Les débuts des années 1980 et au milieu des années
1970 ont été marqués par le nationalisme et la diminution des investissements, le climat s'est amélioré à fin des années 1980.
La production de l'Algérie vient du nord du désert du Sahara - au sud de l'Atlas. Contrairement à l'Egypte, la Libye et la Tunisie, il n'y a pas de composante de la production méditerranéenne
offshore en Algérie. Les bassins de Berkine et d'Illizi sédimentaires Centre-Est de l'Algérie sont productifs. Le bassin de Berkine se poursuit dans le sud de la Tunisie et de la Libye occidentale,
où il est appelé le bassin de Ghadamès. La production de l'Algérie, en s'appuyant sur la production de Hassi Messaoud et les champs vieillissants dans le bassin d'Illizi, était moribonde jusqu'à
fin des années 80 quand Anadarko fait des supplications pour entrer dans le pays. Anadarko et Maersk partenaires et Lasmo (acquis depuis par ENI /AGIP) sont responsables de l'ouverture du bassin de
Berkine avec une série de succès d'exploration dans les